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Cours de français au Kunsthaus

  • 04. Dezember 2017
  • Autor: Schülerinnen und Schüler der 6. Klassen

A l’occasion de l’exposition « Gefeiert und verspottet » à voir jusqu’au 28 janvier au Kunsthaus, les élèves de la classe 061 se sont intéressés à la peinture française du XIXe siècle. A partir d’une photo ils ont produit de très beaux textes libres, qu’ils ont lus ensuite face aux tableaux. Intéressés, les autres visiteurs de l’exposition ont tendu l’oreille !

 

Étude de jeune fille, dite aussi La jeune Grecque, 1863, Hippolyte Flandrin

Ce tableau est très spécial parce que c’est un portrait, mais que la femme ne regarde pas vers l’observateur. Elle regarde vers le fond comme si elle réfléchissait. Dans sa main elle tient un livre, ce qui laisse penser qu’elle réfléchit à ce qu’elle a lu.

La lumière vient de la gauche et éclaire son cou. Le tableau est exécuté de manière vraiment détaillée et toutes les proportions sont correctes, le peintre maîtrisant parfaitement son art. Quoique tous les détails soient figurés et qu’on puisse reconnaître ce qui est représenté, l’ensemble reste très délicat. La peau de la jeune femme est translucide et bien que ses cheveux soient bruns et sombres, ils ont l’air d’être très souples. Ses vêtements sont blancs, symbole de pureté. Beaucoup de tableaux religieux représentent des femmes vêtues de blanc. La manière avec laquelle le peintre a peint la matière de son chemisier est remarquable parce qu’on peut voir que la matière est transparente par endroits.

La femme ne regarde pas vers le peintre et semble comme réfléchir. On peut interpréter son attitude de différentes manières. Elle réfléchit sur ce qu’elle a lu ou il est aussi possible qu’elle contemple sa vie. Une autre possibilité serait qu’elle voit quelqu'un ou quelque chose qui n’est pas dans le tableau.

Selon moi, elle a lu son livre et un thème l’a touchée. Je pense qu’elle imagine une suite à l’histoire qu’elle a lue ou qu’elle imagine qu’elle est dans cette histoire. Or quand le livre s’achève, elle doit composer avec la réalité. Elle veut défier la normalité, changer sa vie et la vie de beaucoup d’autres femmes car le seul pouvoir des femmes au 19e siècle est d’être épouse et mère. En même temps, elle réalise que ce sera très difficile et qu’elle doit trouver une solution qui ne la mette pas en danger, au risque sinon de mourir comme Emma Bovary. J’imagine volontiers que ce livre aura des effets irréversibles sur sa vie mais, à cet instant, le tableau dégage un sentiment tranquille et je ressens pleinement le calme et la prévenance du sujet peint.

Bigna Syz, 061